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TeamLab, une exposition immersive

Ceux qui me suivent sur Twitter et Instagram le savent sans doute déjà, j’adore la scénographie et tout particulièrement lorsque celle-ci incorpore des installations multimédias ou interactives. De nombreux artistes japonais, tels que Manabe Daito, participent grandement à ce paysage. Si vous ne connaissez pas cet artiste, la vidéo ci-dessous présente sa dernière réalisation pour le groupe pop Perfume en collaboration avec TECHNOLOGY pour les Jeux Olympiques de 2020.

Il s’agit avant tout d’expériences artistiques dont le but est d’immerger les spectateurs au sein de créations virtuelles. En cet été 2018, nous avons la chance à Paris d’accueillir deux expositions qui cherche à exploiter ces techniques : celle sur Gustav Klimt à l’Atelier des Lumières et du TeamLab à la grande Halle de La Villette, au-delà des limites. C’est de cette dernière que je vais vous parler.

Le TeamLab, qui sont-ils ?

L’équipe du TeamLab, ou チームラボ, est un collectif artistique Japonais fondé en 2001 qui rassemble des designers et illustrateurs, mais également des professionnels de l’audiovisuel ainsi que des programmeurs et des scientifiques. Aujourd’hui, plus de 500 personnes participent à la réalisation des expositions. Ils utilisent les technologies actuelles et proposer des spectacles et tableaux qui visent découvrir la relation qu’entretient l’homme avec la nature. Ils emploient l’art interactif pour que le public ne soit plus seulement receveur du message d’une œuvre, mais un participant de celle-ci. Afin d’y parvenir, ils créent, dans le monde et tout particulièrement au Japon, des installations impressionnantes aussi bien en intérieur qu’en extérieur. Le collectif possède aujourd’hui son propre musée sur l’île d’Odaiba : le Mori Buiding Digital Art Museum.

Ils se déplace rarement en Europe avec un maximum une ou deux expositions par an. L’année dernière, la PACE Gallery recevait le collectif pour l’exposition Transcending Boundaries. Et aujourd’hui, c’est en France, à Paris, que l’on peut observer l’exposition, au-delà des limites. N’ayant pas pu me déplacer à Londres, j’étais très enthousiaste de découvrir cette exposition.

L’exposition de La Villette

La Grande Halle de La Villette héberge de nombreuses manifestations grâce sa modularité. Sur plus de 2000 m², le visiteur se déplace à travers cinq espaces au sein desquels les œuvres se suivent de « tableau en tableau ». Il ne s’agit pas véritablement d’une exposition interactive, mais plutôt immersive : on ressent à plusieurs moments l’impression de faire partie de l’œuvre. Celle-ci repose sur le principe d’Espace Ultra Subjectif, soit à effacer la notion d’horizon et de perspective afin de plonger le spectateur dans un autre univers dont il ignore la logique. Si la technique de cette exposition vous intéresse, je vous invite à regarder cette vidéo extraite de l’émission Télé Matin de France 2 (commencer à 1 : 37 min) où le dispositif est présenté :

L’exposition commence par Graffiti Nature — Mountains and Valleys qui se compose de vidéos projetées au sol et sur les murs. Ce tableau aurait gagné à être mieux rattaché à l’ensemble, mais il reste un des plus intéressants. Différents animaux s’animent dans cet espace avant de soit disparaître ou être mangés par d’autres. Les visiteurs avaient la possibilité de participer en dessinant eux-mêmes de petites créatures par la suite intégrées dans l’œuvre. Les couleurs soient très vives et incitent le spectateur à s’approcher et interagir (en écrasant les papillons notamment). Les enfants présents s’amusaient beaucoup dans cette partie et l’évolution constante amenait les visiteurs à revenir régulièrement.

Ce n’est qu’au deuxième tableau que l’on rejoint le « défilé » de l’exposition. Dans une salle très sombre, Peace can be realized even without order présentait des silhouettes sous forme d’hologramme. À chaque entrée, les différents personnages stoppaient leur danse avant de la reprendre progressivement les uns après les autres. Pleine de poésie, la salle s’inspire des instruments et d’une danse traditionnelle du sud du Japon : l’Awa Odori. Le dispositif répondait en fonction de la présence plus ou moins proche du visiteur entouré par les personnages projetés sur les plaques.


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La suite Walk, Walk, Walk : Search, Deviate, Reunite marque le départ du cortège à travers différents décors. Ce défilé, déclenché ponctuellement par l’ordinateur (le reste du temps, on pouvait assister à de magnifiques tableaux fleuris), permettait au spectateur de toucher les personnages afin de provoquer un changement de direction ou de les arrêter… avec plus ou moins de succès. En effet, toutes les interactions ne donnaient pas lieu à des réponses ce qui déstabilisait certains visiteurs. Était-ce un problème de capteurs ? En tout cas, ce constat peut se faire à travers l’ensemble de l’exposition. J’ai beaucoup aimé ce passage, car il se renouvelait en permanence avec des éléments différents.

Isolé dans une salle spéciale, on assistait à la projection de Crows are chased and the chasing crows are destined to be chased as well, Transcending space. Le but de ce tableau était de faire perdre les repères spatiaux avec une projection à 360 degrés noyant le regard avec beaucoup de changement de cadre associé à une musique en accord. L’effet est là, les personnes étaient par ailleurs invitées à s’asseoir afin d’éviter d’être désorientées debout. La vidéo illustrait le voyage des corbeaux à la fois chasseurs et chassés, qui au moment de s’entrechoquer laissent place à des fleurs.

 

Une fois sortie de la salle, on arrive au niveau de la fameuse cascade de onze mètres dans celle composée de Universe of water particles, Transcending boundaries et Flowers and people, Transcending boundaries —A whole year per hour. La première vous propose de vous approcher afin de modifier le courant de l’eau qui suit les contours de votre forme. Le deuxième reconstitue le cycle de vie d’une fleur sur un an. Leur nombre change en fonction du déplacement des spectateurs ainsi que de leur action (s’il cueille ou non cette fleur). À travers ces deux éléments, se poursuivait le défilé initié au début de l’exposition.

 

Enfin, la dernière salle abritait Impermanent Life, une œuvre fixe avec un effet de 2D/3D qui ne s’intégrait pas vraiment au reste de l’exposition. Par la suite, j’ai découvert que ce tableau fut adapté pour cette exposition à La Villette, mais je me demande encore aujourd’hui son propos  était cohérent avec le reste tant son esthétique est particulière…

 

Une exposition à recommander ?

J’ai mis un peu moins d’une heure pour finir cette exposition. Une heure où j’ai eu l’impression d’avoir quitté notre réalité pour suivre la logique d’un autre monde apaisant et onirique. Malgré ces imprécisions, l’exposition demeure assez unique en France et intéressera de nombreux designers. Les interactions se révèlent assez limitées et assez courte si l’on ne repasse pas dans les salles. L’exposition est vraiment immersive même si je dois avouer être peu déçue à ce niveau. Les années ont aussi laissé des traces. Finalisés il y a deux ans au Japon, certains éléments peuvent déjà paraître dépassés, voir kitsch. Cela n’enlève pas le charme de cette exposition qu’il vaut mieux visiter tôt le matin ou en semaine avec peu de monde.

 

Informations

Nom : Au-delà des limites

Artistes : TeamLab

Dates : 15 mai au 9 septembre 2018

Horaires :

Lieu : Hall de La Vilette — 211 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris

Prix : 14,90 euros (12,90 euros pour les -26 ans)

 

Exposition pour compléter :

Atelier des lumières, Gustav Klimt, exposition numérique inspirée par le travail de l’artiste, 13 avril au 11 novembre : https://www.atelier-lumieres.com/fr/gustav-klimHYPERLINK « https://www.atelier-lumieres.com/fr/gustav-klimt »t

 

Pour en savoir plus :

Deux articles de Béné no Fukuoka sur des expositions du collectif :

 

Quelques livres et articles universitaires aussi :

 

Sources :

Le site du collectif TeamLab : https://www.teamlab.art/

Le site du Mori Buiding Digital Art Museum : https://borderless.teamlab.art/

Le site de La Villette : https://lavillette.com/evenement/teamlab/

Dossier pédagogique de l’exposition : https://lavillette.com/wp-content/uploads/2017/05/1-Dossier-pedagogique-teamLab.pdf

 

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